Mirko Beljanski ; présentation
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Agir contre l’imposture scientifique  et le charlatanisme en cancérologie

Mirko Beljanski ; construction d’une imposture.


Mirko Beljanki n'était ni professeur, ni même docteur en médecine, mais docteur ès sciences de biologie moléculaire. Il se distingua par ses recherches à l’Institut Pasteur, notamment sur les souches de bactéries résistantes aux antibiotiques, la transcriptase inverse et les propriétés des ARN. Il publia des communications scientifiques dont certaines sont signalées de nos jours dans la bibliothèque de pubmed, et il a obtenu en 1960 le prix Charles Léopold Mayer de l’Académie des Sciences partagé avec un autre chercheur, Roger Monier. Mais il fut en opposition constante avec Jacques MONOD membre du conseil scientifique et d’administration de l’Institut Pasteur, surtout quand ce dernier prendra sa direction en 1971.


D’après un article paru dans Le Point du 18 novembre 1995, Au CNRS, où il a fini sa carrière, Mirko BELJANSKI n’aurait pas laissé un excellent souvenir. Après son départ mouvementé de l’Institut Pasteur, Il aurait été maintenu dans le grade de directeur de recherche, mais sur un poste subalterne pour des raisons humaines et non scientifiques à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry avec des moyens dérisoires où il finit sa carrière. Quant à ses recherches scientifiques en cancérologie, un livre collectif « Cancers: guide pratique d'évaluation de traitement et de surveillance » écrit en 1997 par Jean-Marie Andrieu, Pierre Colonna et Raphaël Lévy, résume l’opinion de la grande majorité des cancérologues : « Les théories de Beljanski et ses applications thérapeutiques restent totalement discutables et la documentation présentée comporte de nombreux points obscurs et non convaincants »


Un journaliste, Jacques Lebeau, prétend dans un livre explosif sorti en novembre 1998, « l’affaire Beljanski – l’argent du cancer et du sida », avoir effectué une enquête rigoureuse et fouillée, sans complaisance avec de nombreuses révélations. « Ne lisez pas ce livre » prétend Jacques Lebeau ; « Il est DANGEREUX pour vos confortables certitudes ! ».


C’est effectivement un livre dangereux, pas pour les raisons évoquées par son auteur, mais pour son absence d’objectivité, ses thèses conspiratrices infantiles avec notamment des accidents d’avions à répétition, son idolâtrie du génial chercheur, ses lacunes et ses déformations de données scientifiques. Un livre qui induit les lecteurs vers une thérapie illusoire coûteuse et dangereuse. Une thérapie qui s’est illustrée par l’absence d’efficacité lors d’un contrôle sur des personnes atteintes du SIDA signalé par le ministre Evin dans son courrier du 27-8-1990, "Sur le plan scientifique on ne peut qu'émettre les plus expresses réserves sur les revendications de M. Beljanski. Les preuves de qualité, d'innocuité et d'efficacité exigées de tout médicament avant sa mise sur le marché ne peuvent, en effet, résulter de simples témoignages ou de quelques cas non contrôlés. Ce dossier a été transmis pour étude au groupe de travail spécial mis en place à ma demande pour accélérer l'étude des thérapeutiques de ces maladies. L'analyse des dossiers de vingt-sept patients traités pour infection VIH pendant plus de trois mois n'a pas montré d'efficacité."


Le livre de J. LEBEAU n'est pas le seul texte partial rédigé pour perpétuer le mythe du complot organisé par ses confrères ; arguments classiques évoqués par tous les charlatans et détracteurs de la médecine conventionnelle construite sur la preuve scientifique. Le livre de J. LEBEAU présente les mêmes défauts ; il ne contient aucune analyse critique sérieuse sur les conceptions prétendument scientifiques en cancérologie et sur le SIDA de Mirko BELJANSKI. Une analyse que le lecteur va découvrir en consultant les différentes pages de ce dossier.


Quelques remarques sur les motifs du jugement du tribunal correctionnel :


Après le décès de Mirko BELJANSKI en 1998, sa veuve Monique LUCAS qui avait repris la diffusion de ses médicaments, a été condamnée lors d'un procès en appel qui se termina le 27 septembre 2002 (13ème Chambre de la Cour d’Appel de Paris), pour exercice illégal de la pharmacie, ouverture illicite d'un établissement de fabrication et de distribution en gros de médicaments, commercialisation et de distribution de médicaments sans autorisation de mise sur le marché, et publicité illicite pour des médicaments à usage humain auprès de professionnels de santé. 6 personnes ayant participé à ses activités illicites ont également été condamnées.


Il est important de signaler que les motifs de la condamnation pénale sont sans rapport avec les théories scientifiques de Mirko BELJANSKI. Personne n’a été condamné pour des travaux scientifiques qui n’auraient pas été reconnus. Les juges n’ont ni le pouvoir ni les compétences pour prendre parti dans les débats scientifiques. Les médicaments de Mirko Beljanski n’avaient pas fait l’objet d’une « Autorisation de Mise sur Marché » (AMM). Pour obtenir cette AMM, il faut d’abord que le médicament fasse l’objet d’une batterie de tests qui confirment son efficacité et le niveau des effets indésirables par rapport aux doses recommandées (afin d’établir le ratio bénéfices/risques). Sans ces tests effectués lors d’Essais Cliniques Contrôlés (ECC) dans des centres spécialisés, il est impossible pour son auteur d’obtenir une AMM et il se met alors en infraction par rapport à la réglementation régissant la vente des médicaments s’il décide de vendre quand même ses produits pharmaceutiques.


De nos jours, il est connu que les médicaments ne sont pas des substances anodines et qu’ils sont capables de produire des effets indésirables plus ou moins graves. Ce qui est moins connu par le public, c’est comment les chercheurs sont arrivés à établir les doses optimales d’efficacité des médicaments et la liste des effets indésirables possibles. Rien n’est fait sans des contrôles rigoureux et pas seulement à partir d’expérience sur des animaux. Car l’un des problèmes majeurs auxquels les chercheurs sont confrontés quand il s’agit de vérifier l’efficacité d’un nouveau médicament, c’est la différence de biodisponibilité entre l’animal et l’être humain. Il faut vérifier, pour chaque produit expérimenté, si ce que l’on obtient de positif chez l’animal se retrouve chez l’homme. Mais pas à partir de cas individuels. Il y a déjà longtemps que la recherche médicale ne procède plus de cette manière en raison des biais et tricheries possibles. Pour savoir si un médicament est effectivement efficace chez l’homme, les chercheurs procèdent à des essais sécurisés et contrôlés sur différentes cohortes de volontaires de plus en plus nombreux selon des protocoles expérimentaux éprouvés éliminant la plupart des facteurs susceptibles de polluer les résultats. Et c’est aussi de cette manière que sont établis chez l’homme les doses optimales d’efficacité et tous les effets indésirables possibles.


Sans tous ces essais, un inventeur ne peut prétendre que son médicament est vraiment efficace et qu’il n’existe aucun risque d’effets indésirables surtout sur le long terme. Toute personne qui prétend le contraire est un imposteur même s’il a l’occasion de présenter quelques essais favorables in vivo et in vitro, voire de témoignages individuels. Il y a des explications scientifiques sur l’origine de certaines rémissions exceptionnelles de longue durée surtout en cancérologie utilisées comme témoignages individuels pour justifier des traitements non conventionnels – un chapitre sur ce site web est réservé à leur étude. De même le lecteur est invité à lire le chapitre qui explique comment les médicaments sont expérimentés avant d’être mis sur le marché. Ces connaissances sont indispensables pour comprendre les « tenants et aboutissements » de l’affaire Beljanski et pour quelles raisons il y a eu un procès condamnant sa veuve et ses complices pour exercice illégal de la pharmacie.


Quand un médicament est autorisé à être vendu après avoir satisfait à toute une batterie de tests, il est encore surveillé pour savoir si dans quelques cas rares, peuvent apparaître des effets indésirables pouvant mettre en danger la santé du patient. C’est pour cette raison que certains médicaments ont été retirés du marché, comme des vasoconstricteurs qui se sont révélés capables de produire des AVC chez certaines personnes, ou qui ont fait l’objet d’une réduction de leur dose maximale journalière comme dernièrement le paracétamol susceptible de produire des hépatites gravissimes lorsque cette dose est dépassée. Que dire alors d’une personne qui affirme que ses remèdes sont efficaces contre les cancers et le SIDA et n’ont aucun effet indésirable, alors que ses remèdes n’ont pas fait l’objet de tous les essais cliniques validant ce qui est prétendu, des essais cliniques indispensables pour obtenir une autorisation de mise sur le marché ?


Encore des pratiques commerciales trompeuses


Sur le site de Natural Source International qui vend les produits Beljanski (1), il est précisé que leurs produits vendus sous l’appellation « suppléments diététiques », n'ont pas fait l’objet d’une évaluation préalable par la Food and Drug Administration (FDA) et qu’ils ne sont pas destinés à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie quelconque (constaté en décembre 20115 de nouveau vérifié en avril 2015). Cette formulation n’existe que dans la version américaine du site en petits caractères en raison de la réglementation en vigueur aux États-Unis. La FDA ne réalise pas de test toxicologique, mais elle a le pouvoir de rendre un médicament ou un aliment commercialisable aux États-Unis (y compris un complément alimentaire) s’il repose sur des bases scientifiques établies. Alors, est-il encore utile pour des cancéreux, des survivants d’un cancer ou des personnes atteintes du SIDA, de prendre ces produits ? (2). En ce qui concerne la réglementation française des ventes par un support numérique, n’est-on pas en présence de pratiques commerciales trompeuses reconnues et sanctionnées par les articles du code de la consommation ? Il est stipulé dans ce code que l'omission d'une information peut également induire le consommateur en erreur (3). Et c’est bien le cas des informations publiées sur la version américaine du site qui ne sont pas intégralement reprises sur la version française du site de Natural Source Ltd.


Des médicaments à base de pao pereira interdits en Belgique


Enfin  l’AFMP de la Belgique rappelle dans une note toute récente (31-1-2013) les raisons d’un arrêté royal portant interdiction de délivrance des médicaments à base de pao pereira (une plante utilisé par Mirko BELJANSKI pour la préparation de ses remèdes)  susceptibles de contenir des alcaloïdes pyrrolizidiniques génotoxiques et mutagènes (voir le chapitre sur l’étude des principes actifs des produits Beljanski).


1) Page US du Site de Natural Source


2) Aux Etats-Unis, les allégations selon lesquelles un complément alimentaire est susceptible de prévenir une maladie, sont autorisées, s’il y a un consensus scientifique significatif, ou qu’elles sont approuvées dans une déclaration par un organisme scientifique ayant la responsabilité officielle de la protection de la santé publique ou de la recherche se rapportant directement à l’alimentation humaine, telle que l’académie nationale des sciences. Dans le cas contraire, le fabriquant doit inscrire que le produit ne peut prétendre traiter, diagnostiquer, guérir ou prévenir une maladie, et il doit inclure une mise en garde sur l’étiquette. Après avoir été averti de l’absence de propriété pharmaceutique, le consommateur reste donc libre d’acheter le produit. On aimerait qu’en France, le consommateur soit aussi bien protégé et ait accès  à une information comparable.


3) Le code de la consommation définit comme trompeuse la pratique commerciale qui omet, dissimule ou fournit de façon inintelligible, ambiguë ou à contretemps une information substantielle ou lorsqu'elle n'indique pas sa véritable intention commerciale dès lors que celle-ci ne ressort pas déjà du contexte.



Pour la suite de cette étude divisée en chapitres, utiliser le menu en haut de cette page d’accueil ou cliquer sur l’un des liens accessibles dans la description du dossier ci-dessous. Le chapitre suivant est également accessible à la fin de chaque page.


Voyage dans la galaxie Beljanski ;


Étude des données historiques sur l’affaire Beljanski révélant comment ont été manipulées des personnes atteintes du SIDA et du cancer ou leurs proches. Ce chapitre contient des informations inédites sur le rôle de certains acteurs qui ont construit le mythe du génial chercheur rejeté et persécuté par ses pairs. Mirko Beljanski a engrangé des revenus considérables provenant de l’exploitation de ses brevets et la vente de ses remèdes miracles gérés par une société implantée dans un paradis fiscal et ignorée de ses admirateurs, mais découverte par les services fiscaux. Ce chapitre décrit également les conflits d’intérêts et luttes de personnes appartenant au cercle des dirigeants de CIRIS et des sociétés commerciales qui ont participé à la construction de l’empire financier. À lire absolument avant d’étudier le dossier scientifique.


Le dossier scientifique :


Falsification de textes et de données historiques ;

Pour justifier le mythe du complot contre le génial chercheur, certains sites web qui défendent la cause de Mirko Beljanski, présentent souvent un extrait falsifié d’un livre écrit par Jacques Monod qui a reçu en 1965 le prix Nobel de physiologie et de médecine. Retour aux sources du livre pour découvrir ce qu’a effectivement écrit Jacques Monod. L’historique de la découverte de la transcriptase inverse est également falsifié dans différents documents et sites web défendant la cause de Mirko BELJANSKI. L’étude des publications scientifiques accessibles dans des bibliothèques comme pubmed, montrent que Mirko Beljanski a joué un rôle mineur dans la découverte de cette enzyme intervenant dans la réplication du code génétique.


L’oncotest ; un test incohérent donnant des résultats peu probants ;

Mirko BELJANSKI a inventé un test dénommé « oncotest » destiné à détecter les agents cancérigènes qui serait plus fiable que le test d’Ames en usage à son époque. Un test incohérent donnant des résultats peu probants en contradiction avec les dernières découvertes sur la transcription et la réplication de l’ADN.


La théorie du gène déstabilisé sur l’origine des cancers ;

Mirko BELJANSKI avait l’ambition de bouleverser les connaissances acquises en cancérologie alors qu’il n’avait reçu aucune formation universitaire dans cette discipline. Il prétendit que les mutations somatiques ne jouaient pas un rôle fondamental dans l’origine des cancers. Sa théorie du gène déstabilisé repose sur l’interprétation personnelle et erronée d’observations expérimentales suite au manque de rigueur de l’auteur utilisant un matériel de laboratoire peu fiable.


Du Manque de rigueur à l’imposture scientifique ;

Comment le manque de rigueur dans l’expérimentation scientifique et l’absence d’esprit critique peut conduire à l’imposture scientifique. Ce chapitre montre de quelle manière Mirko Beljanski construit sa théorie du traitement des cellules cancéreuses à partir d’une interprétation erronée sur l’origine des galles végétales. Ces recettes contre le VIH et le cancer seraient validées par son oncotest qui aurait permis de vérifier les propriétés d’une série d’alcaloïdes provenant du monde végétal ayant une action sélective sur la cellule cancéreuse. Présentation des médicaments de Mirko Beljanski avec l’historique de l’évolution de leurs propriétés pour répondre à l’évolution de la réglementation et satisfaire des exigences commerciales.


Étude sur les principes actifs des remèdes de Mirko Beljanski ;

Étude pharmacologique et très détaillée (bénéfices/risques connus à ce jour) sur les propriétés des alcaloïdes de Mirko Beljanski, de ses stimulants leucocytaires et de ses extraits de ginko biloba. Inventaire des risques toxiques connus des alcaloïdes ou suffisamment probants ayant notamment entraîner l’interdiction en Belgique de la vente des préparations contenant du pao pereira.


L’interprétation biaisée des témoignages individuels ;

N’importe quel rebouteux le plus farfelu sait présenter des témoins satisfaits de ses traitements. Comment cela est-il possible ? Les cancers sont toujours des maladies très individualisées pouvant connaître des périodes de rémission plus ou moins longues suite aux traitements de la médecine conventionnelle qui peuvent alors être exploitées par des charlatans. Etude sur la manière dont des données statistiques (courbe de Gould) sur la durée de vie des cancéreux et des personnes atteinte du SIDA peuvent être manipulées.


Pourquoi faut-il entreprendre des essais cliniques contrôlés ;

De nos jours, il existe des procédures d'évaluation scientifiques qui ont permis de sortir la médecine de la magie. C’est pour cette raison que les scientifiques exigent que toute affirmation scientifique soit appuyée par des observations expérimentales établies suivant des protocoles écartant toute interprétation subjective, les phénomènes de placebo et les tricheries.


Mirko Beljanski avait-il raison ?

Décryptage des dernières publications diffusées notamment par la Fondation Beljanski et leurs interprétations abusives et erronées pour justifier un commerce juteux de remèdes non validés.


En guise de conclusion ;

Avec le temps, les héritiers de Mirko BELJANSKI ont mis en place un réseau pour vendre leurs produits fabriqués à l’étranger à partir d’un fan-club très actif en relation avec la mouvance des médecines parallèles, l'ésotérisme et l'homéopathie.


Pour en savoir plus.

Quelques adresses web utiles sur l’affaire Beljanski


En France, 3 millions de personnes ont un jour connu le cancer et sont des proies faciles pour tous les imposteurs et charlatans.

Une chaîne de solidarité est devenue nécessaire pour rétablir la vérité.

Nous remercions tous ceux qui feront connaître l’adresse de notre site aux membres de leur famille, leurs amis et collègues de travail.


Chapitre suivant : Voyage dans la galaxie Beljanski